Lundi 30 mai 2011 1 30 /05 /Mai /2011 12:07

(Texte de jeunesse)

 

Je viens de perdre un ami

 

Descendant au jardin,

Ensommeillé, légère,

Au détour d'un chemin,

Nous nous sommes rencontrés.

Figés nos regards se sont croisés.

La nature ainsi pousse la peur,

Tu t'enfuis, hésitant le sauvage,

Moi immobile j'ai su.

Je t'ai reconnue.

Je viens de voir un renard,

M'écriai-je heureuse.

Quelle sotte il aurait mieux valu,

Taire la chose et l'a garder pour soi !

Vite vite le père le voisin,

Fusils en mains sont accoururent.

Tu étais la, dans les fourrés,

Caché, blessé, si faible.

Tu étais la, proie du destin.

Je fus prise de folie,

J'ai crié, hurlé, pleuré,

Mes larmes telles une boule de feu,

Inondèrent mon âme,

Et la dévorèrent.

Ne comprend tu pas ?

 

La mort du Goupil

 

C'est toi que j'ai vu,

L'autre matin à l'ombre d'un chou.

Croyant que tu dormais,

Doucement je me suis approché,

Craignant de troubler ton sommeil.

Tu étais la vieille renarde,

Fatiguée par les ans,

Tu dormais,

Du moins je le croyais,

D'un sommeil si lourd,

Sans trêves,

Tu étais la et pourtant si loin.

Je te regardais songeant,

A ce corps vide de vie,

Je pensais,

Et son âme ?

Où se telle maintenant ?

Tu dormais sans nulle inquiétude,

Du pesant sommeil de la mort.

Sous ma fenêtre,

Au long de la nuit,

A duré ton agonie.

Je ne t'ai point entendu,

Je n'ai point su que tu souffrais,

Nul rêve n'a dérangé,

Mon esprit endormi.

Doucement et si seule,

Tu es morte,

si près mais si loin quand même.

Avant un dernier soubresaut

Un dernier espoir allumé

La faim à l'estomac

Et la douleur au corps

La vie t'a quitté,

Après un ultime adieu.

Ce matin quand je t'ai vu

J'ai su, j'ai su que c'était toi

Toi le renard de mes nuits sombres

Le filou le rusé

Qui, après une longue vieillesse

Après maintes grossesses

Maintes naissances, toi la mère

Seule sans but et sans foi

Errant dans cette campagne

venue vers une imaginaire

main tendue

mourir sous nos maisons,

tu n'avais plus rien à perdre

ne croyant plus à la peur

tu m'as quitté sans m'avoir connue.

Je sais Goupil et ressens ta souffrance

Je suis une enfant, toi un renard

Rien ne nous rapproche

Mais rien ne nous éloigne

Nous vivons parallèlement

Cultivant la peur dans nos semis.

Tu nous as quittés

Tu as vécu ton agonie

Sans auprès de toi nul ami

Mais les hommes vont venir

Te chercher t'étudier

Tu as parait-il une maladie,

Tu ne connaitras pas encore

Le repos au sein de la terre.

Déjà les mouches t'entament

Bientôt ce sera les vers.

Le soleil te nuis et te pourris

Renard tu vois mon ami

Un jour nous nous retrouverons

Dans la paix au pays de la poussière

Parmi la pourriture et les graines

Mélanger à la vie de la terre

Car nous sommes tous

Issus de ses entrailles

Nous sommes terre et le resteront

Au delà de la lumière.

Adieu amie adieu

Peut-être existe-t-il

Un paradis pour animaux

Je voudrais tant que ce soir

Tu sois heureuse loin des tourmentes

Dans ta nouvelle vie.

Adieu amie, adieu

Je crois que sans te connaître

T'avoir toujours aimé.

 

 

Anne Marie (14/15 ans) renard dans les fourrés, choc émotif, monsieur B et papa sont partis pour le tuer, mais lui me regardait et ne bougeait pas. Je n'ai jamais oublié son regard, je me souviens, je me suis mise à faire du bruit, de grands gestes à essayer de le faire partir mais il était figé à me regarder et son regard était si triste. Finalement il est parti et je me suis fait gronder sérieusement. Les adultes ont leurs raisons qui ne sont pas souvent celles des enfants, ils parlaient de « rage », qu'il n'avait pas, je l'ai su après quand les gardes du parc l'on récupéré et autopsié.

 

Ce qui était terrible c'est que c'est moi qui l'ai trouvé, morte la renarde devant la maison, face à la fenêtre de ma chambre, j'avais eu le sentiment qu'elle était revenue à moi.

 

J'étais une petite fille sensible, très émotive, très proche des animaux…. Plus proche d'eux que des humains qui eux bien souvent  me rejetaient.

Le rejet je connais, mon enfance en a souffert rejet des enfants car j'étais différente. Les moqueries, les blessures qu'on garde si longtemps, il faut bien souvent apprendre à vivre avec et en faire une force.

 

Je ne me sens pas très loin de l'enfant que je fus….

 



 

 

 

Anne AMSR Sram

 

 

Par Anne - Publié dans : Petites histoires et textes de jeunesse
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  • : Dessiner pour moi est essentiel, comme parfois aligner quelques mots.Je dessine depuis que j'ai l'âge de tenir un crayon, J'écris aussi mais je suis incapable de travailler ce que j'écris, ça sort en général d'un jais, je suis une gribouilleuse de mots... juste des mots simples comme moi. J'ai un don depuis toujours, il me faisait peur plus maintenant, j'ai enfin compris ce que j'étais et avec cette compréhension est venue l'acceptation.
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  • Dessiner pour moi est essentiel, comme parfois aligner quelques mots. Je dessine depuis que j'ai l'âge de tenir un crayon. Mes dessins viennent de loin, je ne les décides jamais ils sortent de moi, je les canalises. Je suis une dessinatrice médiu

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