Petites histoires et textes de jeunesse

Mercredi 10 novembre 2010 3 10 /11 /Nov /2010 23:22

 

 

 

 

 

La pluie

J'écoute s'abattre la pluie,
Sur mon cœur qui s'ennuie.

 Je suis là, allongée,
Le visage face au mur.

 Mon esprit erre, il pleut,
Je ne puis l'empêcher.

 Pourquoi tant de larmes,
Ciel pourquoi pleures-tu ?

 Quelle misère et tristesse,
Règne ce matin ?

Il pleut...

Toute cette eau, s'abat sur moi;
Je reste immobile.

Quelque chose ne vit plus, en mon cerveau,
Je suis, je ne sais plus.

Quelque chose est morte cette nuit.

Je vais mourir c'est sûr,
Me noyer au plus profond de ce gouffre.

En ces eaux mystérieuses,
Ou erre le sommeil,
Complice de cet oreiller.

Il pleut, je ne sais plus,
Je n'entends même plus, battre mon cœur.

Suis-je toujours vivante ?

Je sens contre mon corps,
Ces draps au contact si léger.

J'ai beau ouvrir les yeux,
Je ne vois rien. Rien que de noir !

Tout en moi est obscur,
J'essaye de me souvenir,
Peut-être, mais l'oubli ?

Des fragments d'images, défilent dans ma tête.

Je ne puis les retenir, elles partent,
Elles filent à une telle vitesse,
Que j'en suis submergé.

Rien ne peut les arrêter. Rien.

Mes lèvres se desserrent, j'essaye,
Je vais parler, appeler, je vais, je veux, je veux,
Je veux mais n'y arrive pas.

Tout est bloqué. Je ne puis plus bouger.
Horreur ! Horreur ! Que faire ?

Je vais mourir !

Seule sous le poids de mes fantasmes !
O solitude amère renie-moi.

Je voudrais tant sentir une main,
Prendre la mienne.

Je voudrais tant être délivrée.

Je m'enivre de silence.

Oui le silence respire, je l'entends, il me parle,
Reste me dit-il, reste, mais je voudrais fuir.

Il est là contre ma joue, qui murmure, reste, reste.

Non, je veux partir !
Je ne veux plus de ces chaines !

Quand me réveillerais-je, quand ?

Je voudrais faire surface,

Je voudrais, mais je me débat.

O froid, O griserie de l'hiver,
Tu emplis mon âme de noirceur.

Printemps quand reviendras-tu ? Me faire renaître et réapprendre à vivre, O soleil, sous un nouvel éclat,

Voir le jour et pouvoir l'aimer.

 

Poème de jeunesse (seize dix-sept ans)


Anne AMSR

Par Anne - Publié dans : Petites histoires et textes de jeunesse
Mercredi 10 novembre 2010 3 10 /11 /Nov /2010 23:24

 

 

 

 

La fin d'une vie.


Quatre vingt dix ans déjà sur mes épaules, l'heure pour moi est venu de quitter ce monde et comme le veut la tradition, me voici obligé de formuler mes vœux avant mon départ.

Aussi le maitre tout puissant Jupiter impatient et tapant du doigt sur la voute des cieux me dit : alors mon ami il est temps il faut se décider.

Je fermais donc les yeux et j'imaginais l'eau vive du torrent limpide qui chante en cascadant, les blancs nuages me faisant de petits clins d'œil et les arbres majestueux se penchant tendrement sur mes épaules.

O amis j'entends vos appels, mais que puis-je demander ?


J'ai déjà tant eu, la joie de vivre sur cette terre, l'amour des hommes et la chaleur du soleil.


Mon esprit s'égarait de plus en plus Je voudrais devenir un elfe ou un génie de ces bois, je serais l'âme de ce lieu magique qui chuchoterait troublant le promeneur égaré.

Jupiter alors se penchant sur moi me dit doucement : tu verras tout sera très doux, la lumière gagnera en intensité et l'éclat du jour te chantera mille chansons.

C'est ainsi que sur ces mots paisibles, mon corps s'éteignit laissant mon esprit s'envoler sur un murmure….

 

Anne AMSR

Par Anne - Publié dans : Petites histoires et textes de jeunesse
Jeudi 11 novembre 2010 4 11 /11 /Nov /2010 13:36

 

 

 

P1110877.JPG

 

Le silence

 

Mains accrochées aux barreaux, impossibilité de bouger,
De sortir. Ma vie croupi depuis si longtemps dans ce cachot
Jours passés à compter ces tiges de fer,
Qui me séparent du ciel
Rien, impuissance au travers du silence.
Tout avait commencé ce jour où, armé de lampes et de cordes,
Mes pas m'avaient portés au sein de la forteresse,
Lieux inquiétants et  troubles, hantés,
Echo aux songes d'une vie révolue
Bruit de mes pas parcourant le long couloir d'entrée
Portes qui sous la pression de mes mains,
S'ouvrent, grincent, toiles d'araignées, nuages de poussière, atmosphère pesante....
Mon désir de voir plus, aller plus haut, des chambres aux greniers,
De la grande cuisine aux caves,  tous ces pas
Toutes ces portes ouvertes toute cette poussière levé,
Silence violé,  vacarme produit par mon passage en ces lieux,
Crissement, toux.
Le passé renaissait sous mes doigts,
L'ancienne cheminée où la cendre endormie,
Vestige, emprunte d'un feu. L'escalier en colimaçon,
La tour, chaque pas résonnant comme en cadence au rythme de mon cœur
L'étrange petite salle ronde ou ce cœur s'arrêta,
Vision d'un autre monde profond, trouble.
Es-ce là que tout se mit à tourner ?
Que j'eu  soudain le vertige, emporté par un étrange phénomène.
Es-ce là que je devais me retrouver enfermé ?
Dans cette cellule de pierres grises, lugubre.
Dans ce repos infernal où ne vivait plus que le son de ma voix.
Le temps s'arrêta m'emprisonnant pour l'éternité.
Abîmes sans fin, face aux barreaux, à l'épaisse porte de bois renforcé.
Face à l'étrange présence qui me faisait vivre au jour le jour
Nul nom nul visage
Attente, espoir dans l'attente, je ne savais plus rien,
Plus rien ne ressemblait à rien, rien.
Le regard qui heurte les murs
Mes mains sur mon  corps prisonnier,
Cerveau enfiévré se répétant des histoires de vie
Je ne savais plus rien, rien
Je m'endormais dans le silence
Rapprochant les murs, Recréant d'autres tours,
D'autres salles, couloirs où faire résonner mes pas,
Illumination
Lumière dans les yeux, mains qui me griffent,
Fatigue m'endormant l'esprit.
Je sentais glisser en moi un sang chaud, reste de vie, survie,
Faisant revivre le désir de respirer, hurler,
Percer aux travers de ces pierres comme une jeune plante, vers le soleil.
Vaincre la nuit, La peur du froid  au fond du cœur, le silence
Au plus profond de mon âme l'étincelle
Une main passant sur mon visage, et moi ouvrant les yeux sur un ciel si bleu,

Rejetant au gouffre le gris de ma cellule
Assise  les yeux clignotants, Choqués par une telle clarté,
Je prononçais enfin mes premières paroles, une voix me répondait.

 

 

© AMSR

Par Anne - Publié dans : Petites histoires et textes de jeunesse
Lundi 30 mai 2011 1 30 /05 /Mai /2011 12:07

(Texte de jeunesse)

 

Je viens de perdre un ami

 

Descendant au jardin,

Ensommeillé, légère,

Au détour d'un chemin,

Nous nous sommes rencontrés.

Figés nos regards se sont croisés.

La nature ainsi pousse la peur,

Tu t'enfuis, hésitant le sauvage,

Moi immobile j'ai su.

Je t'ai reconnue.

Je viens de voir un renard,

M'écriai-je heureuse.

Quelle sotte il aurait mieux valu,

Taire la chose et l'a garder pour soi !

Vite vite le père le voisin,

Fusils en mains sont accoururent.

Tu étais la, dans les fourrés,

Caché, blessé, si faible.

Tu étais la, proie du destin.

Je fus prise de folie,

J'ai crié, hurlé, pleuré,

Mes larmes telles une boule de feu,

Inondèrent mon âme,

Et la dévorèrent.

Ne comprend tu pas ?

 

La mort du Goupil

 

C'est toi que j'ai vu,

L'autre matin à l'ombre d'un chou.

Croyant que tu dormais,

Doucement je me suis approché,

Craignant de troubler ton sommeil.

Tu étais la vieille renarde,

Fatiguée par les ans,

Tu dormais,

Du moins je le croyais,

D'un sommeil si lourd,

Sans trêves,

Tu étais la et pourtant si loin.

Je te regardais songeant,

A ce corps vide de vie,

Je pensais,

Et son âme ?

Où se telle maintenant ?

Tu dormais sans nulle inquiétude,

Du pesant sommeil de la mort.

Sous ma fenêtre,

Au long de la nuit,

A duré ton agonie.

Je ne t'ai point entendu,

Je n'ai point su que tu souffrais,

Nul rêve n'a dérangé,

Mon esprit endormi.

Doucement et si seule,

Tu es morte,

si près mais si loin quand même.

Avant un dernier soubresaut

Un dernier espoir allumé

La faim à l'estomac

Et la douleur au corps

La vie t'a quitté,

Après un ultime adieu.

Ce matin quand je t'ai vu

J'ai su, j'ai su que c'était toi

Toi le renard de mes nuits sombres

Le filou le rusé

Qui, après une longue vieillesse

Après maintes grossesses

Maintes naissances, toi la mère

Seule sans but et sans foi

Errant dans cette campagne

venue vers une imaginaire

main tendue

mourir sous nos maisons,

tu n'avais plus rien à perdre

ne croyant plus à la peur

tu m'as quitté sans m'avoir connue.

Je sais Goupil et ressens ta souffrance

Je suis une enfant, toi un renard

Rien ne nous rapproche

Mais rien ne nous éloigne

Nous vivons parallèlement

Cultivant la peur dans nos semis.

Tu nous as quittés

Tu as vécu ton agonie

Sans auprès de toi nul ami

Mais les hommes vont venir

Te chercher t'étudier

Tu as parait-il une maladie,

Tu ne connaitras pas encore

Le repos au sein de la terre.

Déjà les mouches t'entament

Bientôt ce sera les vers.

Le soleil te nuis et te pourris

Renard tu vois mon ami

Un jour nous nous retrouverons

Dans la paix au pays de la poussière

Parmi la pourriture et les graines

Mélanger à la vie de la terre

Car nous sommes tous

Issus de ses entrailles

Nous sommes terre et le resteront

Au delà de la lumière.

Adieu amie adieu

Peut-être existe-t-il

Un paradis pour animaux

Je voudrais tant que ce soir

Tu sois heureuse loin des tourmentes

Dans ta nouvelle vie.

Adieu amie, adieu

Je crois que sans te connaître

T'avoir toujours aimé.

 

 

Anne Marie (14/15 ans) renard dans les fourrés, choc émotif, monsieur B et papa sont partis pour le tuer, mais lui me regardait et ne bougeait pas. Je n'ai jamais oublié son regard, je me souviens, je me suis mise à faire du bruit, de grands gestes à essayer de le faire partir mais il était figé à me regarder et son regard était si triste. Finalement il est parti et je me suis fait gronder sérieusement. Les adultes ont leurs raisons qui ne sont pas souvent celles des enfants, ils parlaient de « rage », qu'il n'avait pas, je l'ai su après quand les gardes du parc l'on récupéré et autopsié.

 

Ce qui était terrible c'est que c'est moi qui l'ai trouvé, morte la renarde devant la maison, face à la fenêtre de ma chambre, j'avais eu le sentiment qu'elle était revenue à moi.

 

J'étais une petite fille sensible, très émotive, très proche des animaux…. Plus proche d'eux que des humains qui eux bien souvent  me rejetaient.

Le rejet je connais, mon enfance en a souffert rejet des enfants car j'étais différente. Les moqueries, les blessures qu'on garde si longtemps, il faut bien souvent apprendre à vivre avec et en faire une force.

 

Je ne me sens pas très loin de l'enfant que je fus….

 



 

 

 

Anne AMSR Sram

 

 

Par Anne - Publié dans : Petites histoires et textes de jeunesse

Présentation

  • : Anne
  • Anne
  • : peinture dessin dessins nouvelles poèmes Culture
  • : Dessiner pour moi est essentiel, comme parfois aligner quelques mots.Je dessine depuis que j'ai l'âge de tenir un crayon, J'écris aussi mais je suis incapable de travailler ce que j'écris, ça sort en général d'un jais, je suis une gribouilleuse de mots... juste des mots simples comme moi. J'ai un don depuis toujours, il me faisait peur plus maintenant, j'ai enfin compris ce que j'étais et avec cette compréhension est venue l'acceptation.
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  • Dessiner pour moi est essentiel, comme parfois aligner quelques mots. Je dessine depuis que j'ai l'âge de tenir un crayon. Mes dessins viennent de loin, je ne les décides jamais ils sortent de moi, je les canalises. Je suis une dessinatrice médiu

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